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Les bouteilles de vin par région : bordelaise, bourguignonne, flûte…

Épaules carrées à Bordeaux, tombantes en Bourgogne, flûte en Alsace, clavelin dans le Jura : reconnaître la région d'un vin à la forme de sa bouteille.

Par L’équipe Goûte ce vin · Publié le 19 octobre 2026 · Mis à jour le

En vitrine chez le caviste, on reconnaît souvent la région d'un vin rien qu'à la forme de sa bouteille. Épaules carrées, flûte élancée, petit flacon trapu… Chaque région a ses habitudes, nées de l'histoire, du commerce et parfois de la technique. Petit tour de France des bouteilles.

La bordelaise : les épaules carrées

C'est la plus répandue au monde. Cylindrique, avec des épaules bien marquées et un col court. On dit souvent que ces épaules retiennent le dépôt des vins rouges au moment de les servir.

  • Où ? Bordeaux, une bonne partie du Sud-Ouest comme Cahors ou Madiran, et dans le monde entier pour les vins de cabernet et de merlot.
  • La couleur du verre : verte pour les rouges, souvent transparente pour les blancs secs et les liquoreux comme le Sauternes, pour montrer leur belle couleur dorée.

La bourguignonne : les épaules tombantes

Plus ventrue, avec des épaules qui descendent en pente douce jusqu'au col. Le verre est souvent d'un vert tirant sur le brun, couleur « feuille morte ».

  • Où ? En Bourgogne, mais aussi dans le Beaujolais, une grande partie de la Loire et de la vallée du Rhône. Dans le monde, elle accompagne souvent le pinot noir, le chardonnay et la syrah.

La variante de la vallée du Rhône

Dans la vallée du Rhône, beaucoup de bouteilles reprennent cette forme avec un détail en plus : un écusson en relief dans le verre. Les bouteilles de Châteauneuf-du-Pape portent souvent les armoiries des papes (la tiare et les clés), en souvenir de leur séjour à Avignon.

La flûte d'Alsace : élancée

Haute, fine, avec un long col. C'est la bouteille des vins d'Alsace : les vins tranquilles de l'appellation y sont mis en bouteille par tradition et par règlement. On la retrouve aussi en Allemagne et en Autriche, pour les rieslings notamment.

La champenoise : la costaude

Elle doit résister à une forte pression (environ 6 bars, deux à trois fois celle d'un pneu de voiture). Son verre est donc épais, et son fond creusé d'une profonde « piqûre » qui la renforce. Sa bague, en haut du col, retient le muselet qui maintient le bouchon.

Le clavelin : la bouteille du vin jaune

Une petite bouteille trapue de 62 cl, réservée au vin jaune du Jura. Pourquoi 62 cl ? Parce que c'est, dit-on, ce qu'il reste d'un litre de vin après plus de six ans d'élevage en fût : le reste s'est évaporé. C'est « la part des anges ».

Les bouteilles de Provence : de toutes les formes

Pour les rosés de Provence, la tradition est la « quille », une bouteille galbée et élancée. Aujourd'hui, beaucoup de domaines rivalisent aussi d'originalité avec des bouteilles de créateur, souvent en verre transparent pour montrer la couleur du rosé.

Les petites curiosités régionales

  • Le pot lyonnais : une bouteille de 46 cl au fond très épais, servie dans les bouchons lyonnais, souvent remplie de Beaujolais ou de Côtes du Rhône.
  • La fillette : en Anjou et en Touraine, le nom donné à la petite bouteille d'environ 37,5 cl.

Et ailleurs dans le monde

  • La fiasque de Toscane, ventrue et habillée de paille, longtemps symbole du Chianti.
  • Le Bocksbeutel, une bouteille ronde et plate, typique de la Franconie, en Allemagne.
  • La bouteille de Porto, aux épaules marquées et au col bombé, pensée pour retenir le dépôt des vieux portos.

Est-ce que la bouteille dit quelque chose du vin ?

Un peu, mais pas tout. La forme renseigne surtout sur la région ou le cépage. Le poids du verre, lui, ne dit rien de la qualité : une bouteille lourde coûte plus cher à produire et à transporter, et pèse sur l'environnement. De plus en plus de domaines choisissent d'ailleurs des bouteilles plus légères. Pour savoir si un vin est bon, il reste une seule méthode : le goûter !