Tout savoir sur Moulin-à-Vent
Moulin-à-Vent est souvent présenté comme le « seigneur » des crus du Beaujolais. Particularité amusante : il n'existe aucune commune de ce nom. L'appellation tire son nom d'un vieux moulin à vent en pierre, classé monument historique, qui se dresse au milieu des vignes entre les communes de Romanèche-Thorins et de Chénas.
Le terroir repose sur des sols de granite rose, parfois veinés de manganèse. Selon une explication souvent avancée, ce minéral limiterait la vigueur de la vigne et contribuerait à la concentration des vins. Le gamay, seul cépage autorisé, y produit les vins les plus structurés et les plus aptes à la garde du Beaujolais.
Les vignerons de Moulin-à-Vent travaillent de plus en plus à faire reconnaître la diversité de leurs parcelles, appelées climats, comme en Bourgogne. On voit aussi fréquemment des élevages en fût de chêne, qui renforcent le côté bourguignon de l'appellation.
Le style de Moulin-à-Vent est profond et charpenté. La robe est grenat soutenu. Le nez associe fruits noirs, cerise, prune, épices, parfois des notes de violette, de vanille ou de cuir. La bouche est dense, avec des tanins présents et une belle longueur. Jeune, il peut sembler un peu fermé ; avec cinq à dix ans de garde, et parfois bien plus, il développe des arômes de sous-bois et de truffe qui évoquent un pinot noir de la Côte de Beaune.
À table, c'est le Beaujolais des viandes et des plats en sauce : bœuf bourguignon, coq au vin, gibier, rôti de bœuf, canard, fromages affinés. Servez-le autour de 16 °C, avec une aération en carafe s'il est jeune.
Moulin-à-Vent intéressera les amateurs de Bourgogne qui veulent découvrir le gamay sous son jour le plus sérieux. Morgon et Juliénas sont ses plus proches cousins en style.
Profil décrivant le style typique de l'appellation ; il varie selon le producteur et le millésime. Prix indicatif d'une bouteille courante.