Tout savoir sur Morgon
Morgon est le deuxième plus grand des dix crus du Beaujolais, situé sur la commune de Villié-Morgon. Il est réputé pour produire les vins les plus charpentés de la région, au point que les vignerons ont inventé un verbe pour décrire leur évolution : un Morgon qui vieillit « morgonne », c'est-à-dire qu'il prend avec le temps des notes rappelant le pinot noir de Bourgogne.
Le secret de ce caractère tient en partie à la Côte du Py, une colline d'origine volcanique composée de schistes bleus décomposés, parfois appelés « roche pourrie ». C'est le climat le plus célèbre de l'appellation. Le reste du vignoble repose sur des sols de granite, comme dans la plupart des crus.
Le gamay, seul cépage autorisé, donne ici des vins plus denses et plus structurés qu'ailleurs en Beaujolais. Morgon est aussi associé au mouvement des vins nature : quelques vignerons de la commune, dans les années 1980, ont été parmi les pionniers des vinifications sans soufre ajouté, et leur influence reste forte.
Dans le verre, un Morgon offre une robe grenat profonde, des arômes de cerise noire, de griotte, de prune et de fruits rouges mûrs, avec souvent une touche de kirsch et des notes minérales. La bouche est charnue, plus tannique que la moyenne du Beaujolais, avec une belle fraîcheur. Il peut se boire dès deux ans mais gagne souvent à attendre cinq ans ; les meilleures cuvées tiennent dix ans et plus.
À table, Morgon accompagne les plats plus consistants que les autres crus : coq au vin, bœuf bourguignon, andouillette, saucisson chaud, gibier à plume, fromages comme le saint-marcellin. Servez-le autour de 15 °C.
C'est le cru à conseiller à ceux qui trouvent le Beaujolais trop léger. Moulin-à-Vent et Côte de Brouilly offrent des styles voisins, également structurés.
Profil décrivant le style typique de l'appellation ; il varie selon le producteur et le millésime. Prix indicatif d'une bouteille courante.