Tout savoir sur Margaux
Margaux est la plus méridionale des grandes appellations communales du Médoc, et la plus étendue. Elle regroupe cinq communes (Margaux, Cantenac, Soussans, Labarde et Arsac) et compte le plus grand nombre de crus classés en 1855 : une vingtaine, dont le premier grand cru Château Margaux, mais aussi Palmer, Rauzan-Ségla ou Brane-Cantenac.
Ses sols de graves sont parmi les plus maigres et les plus caillouteux du Médoc. Cette pauvreté donne des vins moins massifs que ceux de Pauillac ou Saint-Estèphe, mais d'une grande finesse. Le cabernet sauvignon domine, assemblé au merlot, avec parfois une part de cabernet franc et de petit verdot.
La réputation de Margaux repose sur l'élégance. On parle souvent de « féminité » pour décrire ces vins, un terme daté mais qui traduit bien leur style : des tanins soyeux, une texture fine, et un parfum remarquable. Les arômes évoquent la violette, la rose, les fruits rouges et noirs, avec des notes de cèdre et d'épices douces qui se développent en vieillissant.
Comme tous les grands médocs, un Margaux de qualité gagne à attendre : comptez huit à quinze ans pour les crus classés, davantage pour les grands millésimes. Les vins plus modestes de l'appellation, ou les seconds vins des châteaux, se dégustent plus tôt et offrent une belle introduction à ce style délicat.
À table, Margaux se marie avec des plats raffinés plutôt que trop puissants : carré d'agneau aux herbes, filet de bœuf, pigeon rôti, volaille de qualité aux morilles. Évitez les sauces trop relevées qui écraseraient sa finesse. Servez-le autour de 17 °C, en carafe une heure s'il est jeune.
C'est l'appellation à conseiller à ceux qui aiment le bordeaux mais recherchent plus de grâce que de puissance : un vin qui séduit par le parfum autant que par la structure.
Profil décrivant le style typique de l'appellation ; il varie selon le producteur et le millésime. Prix indicatif d'une bouteille courante.